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vendredi 6 février 2009

L'AMOUR COURTOIS


Larrycool (carapace d'acier, cœur d'or)


Article dédié à Verania pour sa tendresse et la représentation de la " Femme " telle que je le ressens.

Tel celui qui incline un rameau
Et prend parmi mes fleurs les plus belles
J'ai choisi, dans les ramages d'un haut bosquet
La plus belle entre toutes.
Dieu la fit, sans défaut, de sa propre beauté
Et ordonna qu'avec humilité
Fut ornée sa grande valeur.
Avec un doux regard, ses yeux courtois
Ont fait de moi,un ardent et fidèle amant,
Et jamais l'Amour qui est cause de larmes
Qui mouillent mon visage
Ne fût par Moi divulgué.
Mais maintenant il me fait chanter de bon gré
Sur une femme pour laquelle plus d'un a fait des grâces...

L'amour courtois est un art. Pratiqué dans le sud de la France, il se répand dans toute l'Europe. C'est une exaltation de l'âme et une délicieuse souffrance, tenue impossible entre le mari et femme.

Seul l'amour peut mener l'homme à sa perfection morale, puisqu'il engendre et développe toutes les vertus.

De nombreux poèmes lyriques, illustrent le XII ème siècle.

A l'amour courtois, l'Eglise prône le diabolique et la sorcellerie. De nombreuses femmes furent torturées, aiguilles sous leurs ongles, l'huile bouillante sur les pieds, dans l'espoir de leur faire avouer leur coalition avec le Diable, et pour finir brûlées vives sur le bûcher.

Une femme célèbre,mais très seule en son temps...

CHRISTINE de PISAN

Première femme écrivain française vivant de sa plume, née à Venise en 1364. Fille d'un astrologue italien. Après une éducation soignée elle épouse Etienne du Castel, secrétaire royal. A 26 ans elle se trouve veuve avec trois enfants. Privée de toute ressource, elle s'adresse à la littérature pour gagner sa vie. En 1419, elle se retire du monde et meurt au monastère de Poissy en 1431.

Christine fut la première femme vivant de ses écritures mais aussi la première femme dénonçant les inégalités de son sexe. La réhabilitation de la femme fût sa grande préoccupation et la lutte qu'elle entreprend sera poursuivi toute sa vie.

Citation de Christine de Pisan : "
Ce n'est pas à la faiblesse de son esprit, mais à son manque d'instruction que la femme doit son infériorité

Dans les Epîtres sur le roman de la rose, elle y gagne la gloire et les faveurs de la Reine. Elle est fêtée et proclamée " Gardienne de l'ordre de la rose " donc gardienne du Droit des Dames.

Au milieu des Roses blanches, les chevaliers prêtent serment :

" A bon amour, je fais voeux et promesse,
Et à la fleur qui est Rose
Qu'à toujours mais la bonne renommée
Je garderais de Dames en toute choses,
Ni par moi Femme ne sera diffamée
Et pour cela prend l'Ordre de la Rose "

Sources : Edition Aubier Montaigne et sources personnelles


samedi 31 janvier 2009

La dame blanche du château de Puivert


par Larrycool


Texte dédiée à Vrek, pour sa présence, ses attentions, sa prévoyance et son extrême sollicitude...

Ce texte choisi ressemble tout simplement à Vrek, pourquoi changer alors la beauté et le jeu des mots si plaisant ... Nous risquerions alors d'en faire un récit non crédible !
_________

« Vers la fin du XIIIème siècle, une belle princesse aragonite fut invitée par Jean de Bruyères, seigneur de Puivert à séjourner dans son magnifique château. Elle aimait contempler le paysage des collines avoisinantes et surtout méditer au bord du lac, assise sur un rocher en forme de fauteuil sculpté comme par magie.
Mais les soirs d'orages, les rivières gonflaient et les eaux du lac recouvraient son banc.
Notre seigneur, très prévenant s'approcha doucement de la belle et lui dit :
-
Mais je vous vois triste ma dame.
- Non, point Monseigneur.
- Mais si princesse, je sais lire dans vos yeux d'habitude si bleus qu'ils en font pâlir le ciel.
- Oh, une simple poussière dans l'œil...
- Je vais ordonner de construire un mur arrêtant toute poussière fit le seigneur en hélant ces gens.
- N'en faîtes rien Monseigneur, la vérité est autre fit la princesse comprenant que ce seigneur était prêt à tout pour elle.
- Dites moi princesse, je veux revoir votre sourire.
-
La pluie a recouvert mon banc et je ne peux plus entendre les oiseaux ainsi que le souffle léger du vent près de ce lieu.

Voyant la tristesse de la belle, le seigneur décida d'engager des travaux pour réguler le niveau du lac et ainsi faire retrouver à ce blanc visage l'éclat d'un sourire et le soleil dans ses yeux si bleus.
Et durant de nombreuses semaines, tout rayonnait. La belle et le soleil...Parfois, une petite pluie gonflait la rivière, mais le barrage régulait le niveau à merveille, et dès les gouttes disparues, la belle retournait dans son lieu de bonheur.
Mais " dame nature " est plus forte qu'un amour platonique. Un soir de juin 1289, la pluie se fit plus violente, le niveau de la rivière enflait et les eaux tumultueuses emportèrent les digues du lac, engloutissant toute la vallée et noyant les habitants du petit village en contre-bas, nommé Mirepoix.
La princesse, voulant voir la gravité des pluies s'approcha trop près et elle fut aussi emportée dans le torrent...

Depuis ce triste soir, dans les veillées, à voix basse, on prétend que les soirs de pluie, une dame blanche erre près du château pour prévenir les promeneurs d'un danger.»

Légende puisée dans un livre intitulé : Contes et légendes du Moyen-Âge



samedi 17 janvier 2009

LA CUPIDITÉ



par Larrycool (carapace d'acier, cœur d'or)

Dans quels excès ne précipite pas la déplorable cupidité, cette aveugle fureur d'accumuler d'inutiles richesses ! La funeste soif de l'or, cette passion éternellement insatiable, fait un honteux trafic de tous les crimes. C'est ainsi qu'Eriphyle fit connaître la retraite de son époux, quand elle eut reçu le salaire de son infâme trahison. (Eriphyle, convoitant un collier en or, avait enseigné à Polynice le lieu où Amphiaraüs, son mari, s'était caché pour ne pas aller à la guerre de Thèbes, où il devait périr ).
C'est par la corruption de l'or que l'adultère pénétra jadis dans la prison de la fille d'Acrisius (une tour d'airain, des portes inébranlables, des chiens dont rien n'endormait l'odieuse vigilance, étaient pour Danaé un assez fort rempart contre les nocturnes efforts d'un amant. Mais Jupiter et Cythérée se rirent d'Acrisius, timide gardien de cette beauté captive, persuadés qu'un chemin sûr et facile s'ouvrirait devant un dieu changé en or. L'or se glisse à travers les soldats; plus puissant que la foudre, il perce les rochers; la soif de l'or plongea dans le noir abîme la famille de l'augure d'Argos ; les présents du roi de Macédoine brisaient les portes de la cité et renversaient tous ses rivaux).
Oh, quelle horrible et hideuse plaie cette passion inextinguible n'entretient-elle pas dans nos coeurs ! Le riche a beau couver nuit et jour ses immenses trésors, il est encore dévoré du désir de les accroître. Par un châtiment bien mérité, la cupidité rend le riche indigent; toujours pauvre à ses propres yeux, il entasse sans répit richesses sur richesses et convoite sans cesse ce qu'il n'a pas. Craindra-t-il les lois, respectera-t-il la morale, celui dont la passion s'irrite à mesure qu'il amasse? La soif de l'or étouffe l'affection: elle porte les parents à s'égorger et les enfants à répandre le sang de leur père. Le riche aspire toujours par des voies coupables à posséder de fragiles trésors. Tout son honneur est dans le gain, l'appât du gain qui lui fait renverser jusqu'aux temples : Montrez lui de l'or dans le ciel, il ira le chercher !

Doit-on s'étonner après cela que nos concitoyens par étrange ignorance préfèrent la richesse à l'esprit ? Il y a des rhéteurs qui, poussés par une détestable cupidité, se jouent indignement du traité le plus saint. Si encore ils donnaient quelques conseils, quelque soin à leurs propres consciences ils pourraient encore mériter une certaine confiance... Mais leur extérieur est chétif et misérable, ressemblant à des spectres sortant de leurs vieux tombeaux. Ils ont les cheveux en désordre, le front décharné, les tempes amaigries, les pommettes saillantes faute de dents, le nez plat et les narines en l'air, la bouche dégarnie et de grosses lèvres effrayantes de nudité; leur dos concave semble tout entier descendu dans leur large ventre; ils ont de gros genoux, des jambes fluettes, le teint blême, les yeux hagards et ce qu'il y a de plus hideux, la pâleur de leurs traits dénote une basse envie.

Sources : poète latin anonyme, (Lupercus...)
Sources personnelles philosophiques (richesse et convoitise...)

dimanche 11 janvier 2009

"VOTRE JAMBE EST MALADE ? COUPONS-LA !

Par Larrycool

Au tout début de notre époque les religieux tentaient plus de soulager les malades que de faire progresser l'art de la médecine. On vit apparaître des botanistes qui recueillaient des plantes médicinales puis les stockaient dans des échoppes.
On considère que la maladie du corps est liée à celle de l'esprit et à la purification de l'âme. Dans notre médecine actuelle, il y a deux courants : le courant monastique et le courant scolastique ( enseignement de la théologie et de la philosophie ).
Le premier est connu pour son obscurantisme et sa stagnation puisque le courant Aristotélicien est dépositaire de la médecine et impose ses règles. En dehors des Aristotéliciens, personne n'a le droit de pratiquer la médecine. De plus, seuls l'écoute du pouls, l'étude des urines et le mysticisme sont utilisés pour accomplir les soins.
Pendant la période scolastique, on voit apparaître des écoles de médecine dont les plus réputées sont : Bologne, Salène, Montpellier.
Les médecins ne soignent que les nobles, quand à nous, les petites gens nous allons consulter les barbiers, les rebouteux...

Je vais ici vous conter une anecdote tragique, révélant combien les pratiques de notre médecine peuvent être brutales et dangereuses.
Ceci nous est rapporté par un musulman considéré comme l'un des meilleurs spécialistes du corps humain dans son pays.

Il raconte qu'un jour appelé par la Cour de France pour une série de consultations urgentes, il doit se rendre au chevet d'un chevalier bien mal en point. Le pauvre homme souffrait d'un vilain abcès à la jambe. La plaie s'était infectée et menaçait de s'étendre.
D'ordinaire, les spécialistes ont recours à l'amputation. Mais notre savant oriental envisage une méthode plus douce : il prépare un petit cataplasme dont il a le secret et l'applique sur les chairs corrompues. Puis il demande de patienter quelques temps, car le remède ne peut agir sur l'instant.

Peu après, notre ami rencontre une femme prise de fortes fièvres. Son état empire d'heure en heure à tel point que l'on craint pour sa vie. Le médecin connaît ce genre de symptômes, il prescrit un traitement certes un peu particulier mais révélateur d'une certaine clairvoyance scientifique. Pour " rafraîchir " le tempérament de la jeune fille il est nécessaire que celle-ci boive beaucoup d'eau et s'abstienne de consommer certains aliments.

On en est là, lorsqu'un de ses confrères occidental, français de surcroît, entend dire qu'un musulman soignait des Aristotéliciens, ce que l'Eglise interdit avec la dernière des fermetés...Peut-être craignait-il qu'on ne lui prenne sa clientèle ? Qui sait ?
En tout cas il s'approche du chevalier bléssé, examine la plaie infectée et dit :
" Veux-tu mourir avec tes deux jambes ? Ou préfères-tu vivre
avec une seule "?
" Je préfères vivre encore avec une seule jambe !" répond l'homme.
Aussitôt dit aussitôt fait. Le médecin s'empare d'une lourde hache. Le patient est amené à un billot de bois sur lequel il étend sa jambe malade. L'instant d'après, un coup bien donné suffit à détacher le membre. L'heure suivante, l'infortuné chevalier décède.

Arrive le tour de la jeune femme prise par les fièvres. Le médecin l'observe un moment, puis lui dit en désigant du doigt le savant musulman qui assistait à la consultation sans rien dire :
" Cet homme est incapable de te guérir ! Tu es possédée par le démon !"
Comme le veut une vieille croyance, il recommande à la malheureuse de consommer d'abondantes quantités de moutarde et d'ail, aliments que les mauvais esprits ont en horreur.
Mais le démon ne semble pas vouloir disparaître...
" Si tu ne vas pas mieux, c'est que Satan est déjà en Toi et dans ta tête " annonce le médcin français.
Il envisage un traitement plus radical. Muni d'un rasoir, l'homme opère une large incision en forme de croix sur le crâne de la malheureuse. Les plaies sont si profondes que les os apparaissent. Il applique sur les lésions du sel et frotte énergiquement le cuir chevelu en sang. On imagine les tourments endurés par le jeune femme qui ne survivra pas à ces supplices.

Devenu impuissant de ces scènes qu'il ne comprend pas, le musulman s'en retourne chez lui, terrifié par nos pratiques médicales.
De nos jours, soigner demeure un acte incertain et lourd de risques. Dans les monastères, les aristotéliciens confectionnent des potions d'herbes sauvages et de racines dont ils se transmettent les compositions mais qui ne peuvent pas grand chose contre nos épidémies mortelles.
En revanche, dans les contrées orientales, les Musulmans ont acquis un savoir scientifique bien plus étendu. Les Cours de Bagdad et de Damas attirent de prestigieux spécialistes, capables de réduire les fractures importantes et d'opérer certaines affections ophtalmiques.

A l'origine de cette avancée remarquable, le Djihad. Quand les armées de l'Islam se heurtent aux Byzantins ou aux Perses, les anciennes capitales de l'Antiquité tombent entre leurs mains.

Déjà Alexandrie ouvre ses portes aux conquérants, les intellectuels y redécouvrent les héritages des civilisations gréco-latines et héllenistiques que l'Eglise Aristotélicienne a ignorées depuis de nombreux siècles. Parmi les milliers de manuscrits, se trouvent ceux de Gabien et d'Hippocate, deux auteurs qui réfléchirent en leur temps aux mystères du corps humain. Les érudits musulmans perçoivent très vite tout le profit qu'ils peuvent retirer de tels écrits. Les parchemins rédigés dans la langue grecque sont traduits en arabe puis diffusés à travers tout le bassin Méditerranéen.

L'occident s'intéresse aux progrès médicaux que l'Islam véhicule avec Lui. Néanmoins bien que le savoir médical s'enrichisse au contact des spécialistes musulmans les plus imminents, les praticiens occidentaux demeurent prisonniers de théories qui feraient sourire d'ironie les plus simples d'entre nous.
On pense ainsi que quatre liquides différents parcourent les tissus humains : le sang, la bile, la bile noire et le phlegme. La maladie croit-on survient quand l'un d'eux est en quantité trop importante par rapport aux trois autres.
On imagine que certains des organes du corps sont froids et d'autres chauds...

Une consultation à notre époque se déroule d'une manière étrange. Le médecin essaye de déterminer la cause d'un symptôme, d'une douleur. Mais il ne touche pas son patient et construit son diagnostic sur l'examen des urines que ce dernier lui fournit : une urine trop claire est signe d'ennuis digestifs où d'affection de l'estomac ; une urine trop foncée, des problèmes de foie...Parfois il faut goûter!!!

Au moment de rédiger l'ordonnance, le savant n'oublie jamais de conseiller en plus des traitements à suivre, quelques prières, une pénitence voire un pèlerinage. Nos ouailles considèrent qu'il est naturel qu'un médecin prenne soin de la santé spirituelle de ceux qui viennent le trouver.

Ne doutons pas que l'aventure des sciences du corps humain (malgré quelques aberrations) a bel et bien débuté. Espérons qu'elle a devant elle de plus belles années...

Larrycool (carapace d'acier, coeur d'or)

Sources : Monsieur M.Barbaud et sources personnelles

SENTIMENTS PROFONDS (petit interlude)

On raconte que Lilong qui vivait en Chine au début du XI ème siècle passait le premier jour de l'année derrière sa fenêtre.

Elle contemplait en silence le paysage nappé de neige étincelante.

Puis au regard des mois qui s'annonçaient, elle écrivit une liste sur un petit carnet :

- Paysages à explorer
- Gens à rencontrer
- Peurs à déposer
- Forces à encourager
- Chemins à quitter
- Changements à inaugurer
- Espérances à raviver
- Rêves à réaliser
- Disputes à apaiser
- Mains à calmer
- Visages à aimer
- Souvenirs à oublier
- Choses à donner
- Joies à partager

Puis elle ouvrit la fenêtre et s'en alla à la rencontre du temps qui venait...

Larrycool

mardi 6 janvier 2009

LE TÉMOIGNAGE DE CHIMINO

par LarryCool (carapace d'acier, cœur d'or)

Je vous livre ce jour, un témoignage bouleversant émanant d'un rescapé ayant vécu dans le Comté de Saxe sous le joug et la terrible répression des prévôts et baillis de ce même Comté, puis vendu comme esclave.

L'oppression que ces hommes et femmes ont subi nous touchera, n'en doutons pas, et doit interpeller aussi bien les hommes, les femmes que les enfants.

Nous sommes à l'aube de l'avènement des valeurs morales et nous vivons à une époque à laquelle ces mêmes valeurs ne sont pas encore objectives, aussi la prise de conscience est-elle nécessaire pour redonner à l'Homme, sa dimension d'Homme...

Notre témoin a fait l'expérience de la cruauté du monde et d'un système politique qui la perpétue.
Je demande à tous les lecteurs de réfléchir sur ce témoignage et qu'enfin de "passifs " nous passions à " combattifs ".

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Le témoignage de Chimino

" J'avais 13 ans à l'époque des faits, je vivais avec ma mère LOLANA et ma petite sœur SWANN dans le Comté de Saxe. Nous subissions sans cesse la répression et la tyrannie des hommes du Comte qui nous accablaient d'impôts outrageants et nous frappaient lorsque nous ne pouvions pas payer.
" Notre père fut enfermé dans les prisons du Comte pour avoir pris parti pour les paysans dont on exigeait un trop lourd tribut. Lorsque mon père fut arrêté, torturé et emmené, il eut le temps de me dire ceci : Un homme fermé à la pitié n'est pas humain, sois dur pour toi-même et généreux pour les autres...
" Nous apprîmes la mort de mon père quelques jours plus tard, on nous jeta sa dépouille devant notre porte, horriblement mutilé...

" Nous décidâmes alors de fuir le Comté et sommes partis dans le Nord. Au cours de notre périple, nous fûmes capturés par des marchands d'esclaves qui vendirent ma mère à un riche Duc dans une île lointaine. Ma sœur et moi fûmes vendus à un prévôt dans une province du Danemark, ce prévôt travaillait pour le ministère de la justice de son pays.
" Ses méthodes étaient féroces et impitoyables, nous devions travailler comme des bêtes et tous ceux qui tentaient de s'enfuir, hommes ou femmes, jeunes ou vieillards, étaient marqués sur le front au fer rouge.
" Une seule personne nous accorda un peu d'égard, le fils du prévôt qui n'approuvait pas les méthodes de son père...

" Les années passèrent, je me suis endurci, seule ma soeur était restée la même, douce, fluette, apeurée, tendre, me reprochant ma perte de sensibilité...
" Ma sœur apprit
alors de la bouche d'une esclave récemment arrivée que, sur une île non loin d'où nous étions, vivait une Dame fort digne qui chantait continuellement la même complainte dans laquelle revenaient sans cesse deux noms : Chimino et Swann.
" Je décidai alors de m'enfuir avec ma sœur, mais celle-ci refusa, ne se sentant plus capable de perpétuellement fuir. Elle me conseilla alors de partir seul et pour éviter de parler sous la torture, ma sœur....se suicida en s'égorgeant.

" Après de nombreuses péripéties, des peurs, des cachettes, je débarquai sur l'île où ma mère devait se trouver. Je me rendis au château du gouverneur de l'île et demandai un entretien. Je fus immédiatement emprisonné pour mon audace, puis on m'accorda audience.
"Le gouverneur était un homme ferme mais juste, il regretta le sort que l'on nous avait infligé et édicta une loi interdisant l'esclavage sur tout son territoire, fit arrêter le prévôt et l'exila.
" Avec l'aide du gouverneur je retrouvai ma mère dans un petit village de pêcheurs sur cette île, ma mère avait eu les yeux brûlés et était devenue aveugle, elle me toucha et me reconnut, demanda des nouvelles de Swann... Lorsque je lui eut narré les évènements de ces dernières années, ma mère tomba à genoux et me dit : Il n'y a plus que nous deux désormais...
" Je tentais de la convaincre de redescendre en France où, disait-on, se trouvait un village nommé Pontarlier qui accueillait les gens en souffrance et qui s'occupait d'eux. Mais ma mère refusa de partir: elle n'aurait pu entreprendre un tel voyage dans l'état où elle se trouvait.
"J'en avertis le gouverneur qui la prit en charge, mais ma mère mourut peu de temps après de malnutrition et de faiblesse...

" Alors j'entrepris seul le chemin du retour, désormais j'étais un homme meurtri, définitivement meurtri... Mais j'ose croire encore à la bonté de l'existence humaine... à la solidarité de l'espèce et à la justice.... J'ai tout perdu... Sauf mon âme ".

lundi 22 décembre 2008

À MÉDITER

AVOIR " DU CRAN "
par Larrycool

Savez-vous ce que c'est ?

Eh bien! Ce n'est pas toujours accomplir des actions d'éclat ou se faire remarquer par une audace particulière mais plutôt avoir le courage de regarder la difficulté en face avec la volonté de la surmonter.

Lisez cette histoire vécue...

Il y a quelques années de cela, un jeune soldat qui devait se distinguer par de nombreuses actions d'éclat, notamment pendant la bataille de Grandson contre les Suisses fit preuve d'un courage à toute épreuve, il savait parler à ses hommes et leur donner un moral incomparable dans les moments les plus graves.

Un jour devant Grandson, il s'agissait d'aller reconnaître une position ennemie fortement défendue. La mission était dangereuse, il s'adressa en ces termes à l'un de ses camarades :
- Tu vas escalader ce mur!
- Oui!
- Tu rencontreras une sentinelle!
- oui, dit l'autre inquiet
- Elle t'enverra une volée de flèches
- ...oui
- Cette volée te manquera!
- Oui dit l'homme rassuré
- Alors à ton tour tu banderas ton arc et tu tireras!
- Oui
- Et tu tueras la sentinelle!
- Oui

Et tout se passa exactement comme l'avait prévu le jeune soldat.

Donc : triompher d'un obstacle est bien souvent une question de volonté. En matière de soule ce n'est pas toujours le plus fort qui l'emporte, mais le plus courageux.

Il en est de même pour les réussites scolaires...

NE L'OUBLIEZ PAS!


PS : L'annexion de la Suisse fut un échec et cette histoire est passée aux oubliettes...

mardi 16 décembre 2008

LA GLOIRE MÉRITÉE

par Larrycool (Carapace d'acier, coeur d'or)

1456. La Franche Comté est en alerte. De nombreux militaires par leur expérience, sont nommés à des postes de commandement.

Depuis toujours, on connaît l'importance que nos rois attachent à la somptuosité des uniformes. Ils en fixent eux-mêmes les détails et l'ornement. L'uniforme des commandants des diverses troupes est magnifique, brodé d'or sous toutes les coutures.

Un certain chevalier commandant en chef (dont nous tairons le nom par pudeur) porta un nouvel uniforme pour la première fois.
Un de ses amis qui n'avait guère quitté ses bureaux des appartements royaux l'en complimenta avec une pointe de malice sous laquelle perçait la jalousie.

" S'il est beau mon habit, répliqua le commandant, je pense bien ! Il est vrai qu'il n'est fini que depuis quelques jours et qu'il y a plus de trente ans que j'y travaille !"

Juste réponse, qui pourrait s'appliquer à beaucoup d'autres qu'on envie et que l'on jalouse trop vite... et injustement ! Car leur réussite ou leur gloire n'est que le patient résultat d'une longue vie d'efforts, de travaux ou de sacrifices.

samedi 13 décembre 2008

La fée et le damoiseau

par Saramarinettee

J'ai essayé de reconstituer des histoires que ma mère m'avait racontées il y a fort longtemps entre ménage, cuisine et lessive au château. Chaque soir, même fatiguée par sa dure journée de labeur, elle tenait à me raconter des contes plus ou moins long qui duraient parfois des semaines entières, me laissant ainsi imaginer la suite chaque nuit. Je me souviens de cette légende qui m'avait particulièrement marquée.

Il était une fois, un seigneur ayant eu un fils. Comme pour tous les seigneurs, avoir un héritier était important pour la lignée et pour la conquête de nouveaux territoires, mais notre héros n'était pas un combattant. Il maniait l'épée bien sûr, mais il préférait manier la plume. Et oui, notre petit damoiseau avait pour amies, non pas de rudes gaillards bagarreurs, mais des muses. Son père désespéré, ordonna à son fils de ne plus écrire. Mais il n'obéit pas. De rage, le seigneur déchira tous les parchemins vierges du château; Mais son fils en trouva toujours. Ne voyant aucune solution, le seigneur enferma son fils dans l'imposant donjon sans fenêtre. Il pensa qu'un petit séjour de sevrage donnerait le goût des armes, des belles femmes et des beuveries entre chevaliers à son très cher fils... Mais non loin de là, muses et fées n'étaient pas d'accord avec cette décision parentale. Elles aimaient les écrits de notre jeune damoiseau. Mais alors, que faire ?
Normalement, les fées n'avaient pas le droit d'intervenir directement avec leur magie dans les problèmes des hommes terrestres. Mais il était si mignon ce héros.
Une fée eut l'idée de se transformer en cygne géant. Par cet acte, elle n'enfreignait pas la règle puisque la magie était pour elle et non pour ce joli petit seigneur.

La fée-cygne survola la tour et avec son puissant bec, troua la paroi et fit s'évader le jeune poète. On ne sut jamais ce qu'il devint, mais certains prétendent que le vent inspire parfois les hommes de cette vallée... Est ce le fantôme du Damoiseau ?

Toute petite alors et persuadée que les fées existaient, j'espérais secrètement que l'une d'elles se transforme en cygne pour libérer ma meilleure amie de l'emprise de son père, le seigneur du château dans lequel mes parents étaient domestiques.


BIENHEUREUX LES MELANCOLIQUES

Par Larrycool (carapace d'acier, cœur d'or)

La mélancolie se réveille-t-elle en nous parfois ? Est-elle présente lorsque l'on pense au temps qui passe ? Se réveille-t-elle devant l'ombre d'un visage qui resurgit du fin fond de notre passé ? Ce visage alors, est-il vivant ? Sa vie fut-elle heureuse ?


Alors on s'interroge et soudain une ombre de tristesse surgit en nous, et l'on se dit pourquoi ce visage me hante-t-il aujourd'hui ?
Cette vision nous interroge nous interpelle et provoque un soupçon de tristesse. Alors, que faire lorsque de si jolies choses frappent à la porte de notre coeur et ravivent la flamme de la mélancolie ?

On pourrait se dire qu'il aurait mieux valu ne pas croiser ce si beau visage... Mais non ! Tout le contraire: il faut se sentir heureux d'avoir rencontré de si belles choses dans l'existence, se sentir fier d'avoir parlé à ce visage qui a respiré, aimé et existé.
En quelques minutes votre vie bascule, le temps d'un souvenir, on se rappelle, on s'émeut... Tout à coup, vous vous surprenez à sourire, vous vous sentez tristes et aériens à la fois... La vie c'est cela, un peu de douleur, un peu de douceur, surtout un deséquilibre qui bouleverse votre intimité et qui vous évite de rester indifférent à ce qui vous entoure.



samedi 6 décembre 2008

Révolution chez les Nuisibles: Le plaidoyer du lérot

Par Larrycool, correspondante de la rubrique Contes et Légendes

Un nouveau parchemin vient de nous parvenir, écrit de la main de notre ami anonyme.


"Vu l'extrême urgence de la situation, il est impératif de débuter par le plaidoyer du lérot, de nombreux procès ont eu lieu du sus-dit. Les malheureux n'ont eu aucun défenseur pour les assister et ont été sans autre forme de procès, condamnés à être brûlés vifs en place de Pontarlier.
Alerté par ces condamnations injustifiées, je prends soin de vous transmettre l'un de ces procès qui a eu lieu le 3 décembre 1456, aussi je remets à plus tard les doléances de Madame la chouette Effraie ".

Procès ouvert et conduit par le Seigneur Jean De Mandegrâce.

Le Président : Faites entrer le condam... heu, le suspect !

Notre ami entre, encadré par deux sentinelles. Il est petit, brun gris sur le dessus, blanc sale sur le dessous, deux grandes oreilles décollées, une longue queue mince terminée par un pinceau de poils noirs et blancs. Il a une raie noire qui va du museau aux oreilles en passant sur les yeux, ce qui lui donne l'air de porter un masque de voleur. Ses yeux sont noirs, saillants, brillants et humides (il a pleuré !).

Le président : Vous vous nommez bien " lérot " ou " loir des greniers " ou encore " rat bayard " ?

Le lérot : Ouais, M'sieur l'juge...

Le président : Vous mesurez 23 cm et pesez 80 gr ?

Le lérot : Ben si vous l'dites M'sieur l'juge !

Le président : Vous êtes inculpé... de séjour dans un domicile privé sans autorisation du propriétaire, de tapage nocturne, de vol de denrées alimentaires avec récidive, délit de fuite avec récidive, chasse d'animaux protégés par Sa Seigneurie et servant à ses chasses personnelles, coups et blessures volontaires sur la force publique et tentatives d'évasion, je rajouterai également : cumul d'identités... Et bien, mon gaillard, vous semez le trouble dans notre cité! On vous rencontre partout, dans les vergers où vous pillez les arbres fruitiers, non seulement vous vous permettez de dévorer les pommes et autres fruits d'autrui, mais vous en goûtez dix avant d'en choisir une, donc les fruits entamés sont définitivement perdus pour le propriétaire ! Est-ce exact ?


Le Lérot : C'est possible...

Le président : On vous accuse encore d'une quantité invraisemblable de vols. Le 16 septembre: pillage de haricots verts chez la gente Dame Prométhée, il paraît que vous en mettez un coup, vous et vos complices.

Le Lérot : Oui, M'sieur l'juge, mais nous n'étions pas seuls ! Il y avait aussi 3 geais et un corbeau...

Le Président : Si vous pensez que c'est une excuse ! Enfin, continuons... Le 3 octobre, vous pénétrez illégalement dans une cuisine et vous vous livrez à un pillage en règle: vous grignotez le jambon suspendu au plafond, vous emportez la mie d'une miche de pain et vous dévorez des pruneaux.

Le Lérot : Le pain M'sieur l'juge, qu'est-ce qu'il était bon !


Le président : Répondez seulement quand je vous interroge et tâchez de vous montrer un peu moins insolent ! Le 17 octobre, Sieur Goungor l'Ancien vous prend dans un piège, mais vous parvenez à vous enfuir au bout de quelques heures.

Le Lérot : Ben oui, M'sieur l'juge, je me suis installé dans le grenier et 'étais en train d'hiberner lorsque ces sbires m'ont réveillé! Vous savez bien que nous les lérots entrons en hibernation dès que la température baisse.

Le président : Comme les marmottes, si je comprends bien ?

Le Lérot : Exact, bref, j'avais un petit nid douillet à base de vieux chiffons et de carton lacérés par mes soins et je me suis endormi à côté de mes provisions d'hiver.

Le président : Des provisions volées ?

Le Lérot :
(est très embarrassé...) Quelques petits noisettes et de toutes minuscules noix !

Le président : Mais entre-temps, vous faîtes encore parler de vous, les habitants de cette maison ne peuvent pas fermer l'œil de la nuit en raison de cavalcades effrénées dans le grenier...

Le Lérot : C'est-à-dire, hum hum il y avait une petite lérote, très jolie, alors quelques galipettes, c'est huma...animal non?

Le président : Vous appelez ça quelques galipettes, un tapage infernal à rendre fous toute la famille de Goungor

Le Lérot : Ben c'est que nous avons élevé 6 petits!!!

Le président : Juste ciel, six petits... Et que sont-ils devenus ?

Le Lérot : Ils ont tous réussi dans la vie, ils se sont installés dans les maisons du voisinage.

Le président : Je crois que les charges retenues contre vous sont suffisamment lourdes, j'ajouterai en outre que lors de votre capture, au lieu de vous soumettre à la loi, vous avez sauvagement mordu un des gardes venu pour vous arrêter...
Je signale à l'assemblée, qu'il n'y aura ni témoins de la défense, ni plaidoiries...

Gardes, emmenez et exécutez l'accusé !



" Le pauvre lérot fut ligoté et brûlé en place de Pontarlier, une petite bête si inoffensive, si douce, si craintive qui ne pèse que 80 grammes, ce n'est qu'injustice!!!"



Notre informateur anonyme nous présentera prochainement les doléances de la blanche hermine et de la chouette Effraie.


Notre informateur nous informe que beaucoup d'éléments lui ont été fournis par Monsieur la Hulotte qui n'a émis aucune objection à ce que son nom soit cité.



vendredi 5 décembre 2008

RÉVOLUTION CHEZ LES NUISIBLES

Correspondance de LARRYCOOL (carapace d'acier, cœur d'or)


Notre correspondant nous a adressé un parchemin étrange envoyé par une personne qui désire conserver l'anonymat car (nous citons cette personne) : "Il en va de ma vie ainsi que de celles de mes petits protégés, je risque d'être accusé de sorcellerie et donc de périr sur le bûcher..."
Nous respectons la demande de cette personne afin de préserver son intégrité, mais le journal se doit d'informer tous les Pontissaliens et Franc-Comtois de l'extrême importance de ce document.

Voici le document officiel tel que nous l'avons reçu.



À l'heure actuelle, les animaux sont classés en trois états. (C'est ça la justice?!)
Le premier état, les
animaux protégés, qui ont pour équivalence chez les humains les Seigneurs (rois, comtes et autres barons). Sur ceux-là, il n'y a rien à dire.
Le deuxième état, appelé gibier, qui équivaut chez les humains aux propriétaires et aux artisans. Ces pauvres bêtes sont nettement moins chanceuses que celles du premier état, car on peut les tuer, mais attention, pas tout le temps et pas par n'importe quel moyen... Seul est admis l'usage de l'arc et, de plus, pendant une saison que notre Maire bien aimée a limité. Donc pendant un certain temps, le gibier bénéficie d'une paix et d'une quiétude plus ou moins sereine.
Mais alors tel n'était pas le cas du troisième état appelé les " Nuisibles ", équivalence pour nous, des Serfs. Les nuisibles (toujours selon cette personne) sont pour vous autres, hommes et femmes ignorants, la vermine, la raclure, la Cour des Miracles du monde animal; vous les considérez comme des bandes de brutes sanguinaires qui écument la campagne pendant les 365 jours d'une année, vous les appelez également " puants ", vous, propriétaires terriens, seigneurs incultes et enfin vous, artisans de peu de foi!

Mais de quoi les accusez-vous donc?
De tout! De voler les poules, de gober les œufs, de saigner les lièvres et les lapins, etc, etc.
Dans ces situations, il est inutile de vous dire que les édits de notre époque dans le village de Pontarlier ne font pas de quartiers à ces pauvres animaux!

Ouvert le massacre des malheureux nuisibles, encouragé par le nombre de primes octroyées par la Mairie d'un bout à l'autre de l'année, mais comble de sadisme, toutes les méthodes sont autorisées, même les plus cruelles! Piégeage, enfumage, pals, trappes et j'en passe...

Je suis l'intermédiaire de ces pauvres bêtes et je vous annonce qu'un grand bouleversement va retentir, un mouvement de révolte sorti tout droit du fond des bois. LES NUISIBLES SE RÉVOLTENT!

Renards, fouines, blaireaux, martres, chouettes, hiboux et autres serpents se liguent contre ces lois et vont déferler sur Pontarlier avec pour seule exigence d'être classés dans le premier état.

Chacun de ces nuisibles a rédigé un plaidoyer dans lequel il expose les exactions qu'on leur reproche et les raisons pour lesquelles ils demandent à être lavés de tout soupçon et ainsi être mis à l'abri des sévices et autres persécutions dont ils font l'objet actuellement!

Habitants de Ponta, j'ai parcouru les bois, les marais, les campagnes, j'ai ainsi réuni une série de documents exclusifs, que j'ai couché sur parchemin scellé.
Chaque semaine, le Petit Comtois recevra un plaidoyer d'un représentant de la classe des nuisibles. Libre au journal de diffuser ces documents.
Je précise que je suis seul responsable de cette grande révolution qui s'annonce, le journal n'est que le convoyeur de ces informations.

Dans 3 jours, Le Petit Comtois recevra les premières doléances d'un animal que vous persécutez à tort : La chouette effraie.


Abasourdi par ces révélations, notre confrère est actuellement enfermé à l'asile de Ponta. Il paraîtrait que depuis la lecture de ce document, notre cher ami se cachait dans un terrier et sortait la nuit pour chasser mulots et autres campagnols dans les fermes du village.




jeudi 4 décembre 2008

Le bel homme et la fée

Texte de Saramarinettee

Sara
déposa
plume et parchemins sur le bureau et se mit à écrire l'histoire que lui racontait sa maman quand elle était petite. Une histoire qui la faisait retomber dans sa plus petite enfance quand sa mère la prenait sur ses genoux le soir afin de lui raconter une histoire pour l'endormir... Bien courageuse la petite Marinette qui s'occupait toujours de Sara après ses dures journées de labeurs dans le domaine où elle travaillait en tant que domestique tout comme son mari, le père de Sara.

Il était une fois (oui, tous les contes commencent par il était une fois), dans un hameau proche de la puissante citadelle de Murat, une belle et douce fée qui était tombée amoureuse d'un... humain. Normalement, une fée aime la compagnie des hommes, même si parfois ils sont bizarres mais là, c'est de sentiments amoureux dont il est question ! (Ça commence bien n'est-ce pas ? Une belle histoire d'amour, mais bon, attendez la suite...
Bien sûr, il était beau, grand, fort, intelligent, serviable, attentionné, à l'écoute des gentes dames : tout ce qu’on aimerait avoir nous les filles… Avec des yeux d'un bleu irréel. Vous comprenez que notre fée ne pouvait que tomber en amour. Mais, bah, oui il y a toujours un mais... cet homme parfait en aimait une autre : La princesse blonde et réelle du village voisin.

Notre belle fée ne savait que faire et, secrètement, elle se mit à pleurer, à pleurer, à pleurer, à pleurer, (j'arrête là ou la page va finir noyée !). Ses larmes transformèrent doucement notre bonne fée en petite espiègle puis en...... jalouse. Elle se mit à entretenir une "méchanceté". Une nuit, pendant que notre amoureux dormait avec le sourire béat (oui on est toujours béat dans ces moments-là... hum donc j'en étais où ? Ah oui…) avec sa magie de fée, elle s'introduisit dans son rêve et lui montra un trésor enfoui dans les oubliettes du château: un coffre de magnifiques bijoux pour sa belle.

Au petit jour, notre amoureux décida de vérifier si son rêve était prémonitoire. D'un pas rapide, il se rendit dans les pièces souterraines du château. Hélas, sa folie lui fit oublier son rendez-vous avec sa belle princesse.... Et le rire démoniaque de notre "fée" se fit entendre..... Elle avait accompli la première partie de sa vengeance de jalousie.... Il lui fallait maintenant concrétiser le deuxième acte. D'un coup d'aile, la "fée" arriva devant le balcon de la princesse, où elle la vit scruter l'horizon de s
es yeux bleus dans l'espoir de voir l'être aimé (et c'est pas toujours marrant…). Rien, personne à l'horizon... La "fée" jubilait et avec des yeux qui brillaient, elle expliqua à la princesse que son aimé avait préféré la chasse aux trésors à la chasse aux bisous. Étaient-ce les yeux lumineux ou le ton narquois de la fée qui firent douter la princesse ? Qu'importe, elle décida de se rendre au château à pied... (oui, elle était courageuse !)


Pendant ce temps, au château, un drame se déroulait. Les rires presque sataniques de la fée avaient attiré les sbires de Satan... Voyant un humain sans défense dans les couloirs poussiéreux, ils décidèrent de jouer avec lui, et.... en le trainant par un pied, ils s'amusèrent à lui faire découvrir les entrailles des catacombes ,la tête en bas. La princesse ayant marché toute la journée arriva à la nuit tombante. Ses pieds étaient ensanglantés par les roches saillantes, la fatigue se lisait dans sa démarche, mais elle eut le courage de l'appeler... (C’est pour éviter ce genre de choses qu’il faut prier… après Sephtal ou Aristote peu importe mais il faut prier !)

Proche de la rivière, elle vit presque sans vie le corps de son "aimant". La nuit est froide et, pour le réchauffer, elle se coucha près de lui...... Mais la froideur des montagnes eut raison de leur force. Au petit matin les paysans découvrirent deux corps inanimés , mais entrelacés dans un geste d'amour éternel. Et, maintenant les soirs d'hiver, à la veillée comme aujourd'hui, les vieux disent que durant l'été, les murs ont une couleur rouge du sang de l'amant et les vieilles prétendent qu'en hiver, les fantômes des deux amants montrent leurs amours à ceux qui acceptent de braver le froid......


Histoire racontée à Sara alors qu'elle n'était qu'une jeune fille innocente...