Rédactrice : Larrycool ( carapace d'acier, cœur d'or)
Le 1er septembre 1455, les archers du duc de Lorraine font une halte dans la forêt près de Poligny. Ils sont 360.
Comme il fait terriblement chaud, l'annonce d'une halte est accueillie avec une grande satisfaction. On s'arrête et chacun tente tant bien que mal d'étancher sa soif.
Heureusement, un petit malin et curieux à la fois fait une découverte très intéressante : étalées au soleil, quelques arbrisseaux ploient sous le poids de centaines de petits fruits noirs très jolis. Ce sont des fruits ronds, brillants, pulpeux comme des cerises et qui, lorsqu'on les écrasent regorgent d'un suc violet couleur de cassis.
Sous cette canicule, comment imaginer quelque chose de plus rafraîchissant ?
Un archer se décide à en goûter une...
- Mais c'est qu'elles sont fameuses ces petites baies là, aussi sucrées que des mûres... Eh les amis vous seriez idiots de ne pas y goûter!
Du coup, voilà nos fantassins qui se répandent comme un seul homme dans les haies et se goinfrent des providentielles petites boules.
Comment ces malheureux soldats pourraient-ils se douter que, derrière ces innocentes friandises, se cachaient en réalité les plus épouvantables baies sauvages dont dame Nature se soit jamais rendue coupable ? Personne n'aurait pu les avertir qu'ils étaient en train d'absorber les fruits mortels d'atropa belladona, alias, la Belle Empoisonneuse.
Peu de temps après, au moment de se remettre en route, les troubles commencent.
Maux de tête, nausées, certains se mettent à vomir. Tous se sentent pris d'une soif intense. Leur gorge est devenue sèche comme de l'amadou. L'inquiétude gagne dans les rangs des soldats.
Mais beaucoup plus étrange, les yeux des soldats changent d'aspect. Les pupilles s'agrandissent donnant à leur regard une apparence fixe et floue, comme s'ils étaient frappés de stupeur devant je ne sais quel spectacle hallucinant.
Mais que voient-ils? Rien, justement, la plupart ne peuvent distinguer le monde qui les entoure. Cette fois, le noir poison de la Belladone a envahi leur corps. Les choses sérieuses vont commencer.
Après les malaises légers du départ, un vent de folie souffle sur la troupe. Les hommes n'ont plus un comportement normal. Certains sont comme ivres, incapables de marcher droit et même de se tenir debout. D'autres se sentent gagnés par des accès de rage incompréhensible, ensuite d'autres sont gagnés par une joie immense et commencent à chanter et danser.
Pour d'autres enfin, l'empoisonnement se traduit par des conséquences beaucoup plus désagréables (convulsions, les yeux agrandis de terreur), les malheureux semblent en proie à d'épouvantables cauchemars et voient défiler dans leur tête douloureuse une série de visions délirantes et hallucinatoires.
Ensuite, et bien les hommes tombent dans un sommeil proche du coma, cette fois la fin est proche...
Car le poison, invisible, continue son œuvre, provoquant des paralysies de plus en plus nombreuses.
Lorsqu'à son tour l'appareil respiratoire est touché...Tout est fini.
Au risque de vous étonner, il existe deux catégories de citoyens particulièrement intrépides qui n'ont pas peur de la Belle Empoisonneuse. Ce sont, les Passereaux et les Sorcières.
1) Les passereaux La grive musicienne qui pèse 70 g se nourrit d'un
nombre impressionnant des enfants de la belladone
Les graines sont rejetées dans la nature et c'est
ainsi que l'on se retrouve avec un nombre impressionnant d'arbustes de belladone
2) Les sorcières Les herbes sauvages n'ont pas de secrets pour elles. Elles s'étaient fabriqué, entre autres mixtures diaboliques, un onguent qui devait à jamais rester célèbre sous le nom de Pommade des Sorcières. Sachez, braves gens, que cet onguent est strictement interdit et que toute personne prise en flagrant délit de vente ou d'utilisation sera impitoyablement brûlée sur la place de Pontarlier.
Dans la composition de cet onguent on retrouve la belladone, le datura, la mandragore et la jusquiame, toutes herbes hautement toxiques mais dosées de façon extrêmement savante par ces diablesses.
Le secret de cette pommade s'est perdu depuis, la seule chose que l'on sait, c'est que la nuit, seule dans sa maison, la Sorcière s'en frictionne en prenant bien soin d'enduire les endroits où la peau est la plus mince. Les poisons passent alors dans son sang et elle sombre dans un sommeil vertigineux.
Or, pendant que le corps de la Sorcière était endormi, son esprit, lui, bat la campagne, s'envole vers d'extraordinaires hallucinations dont elle garde, à son réveil, un souvenir précis. Elle croit, dur comme fer, être partie vers des régions fabuleuses et lointaines et n'être revenue dans son lit qu'au chant du coq.
De là naquit pourtant la célèbre légende des sorcières circulant dans l'espace, à cheval sur leurs balais, et se rendant, sous la clarté incertaine de la lune, vers je ne sais quels sabbats diaboliques.
Décidément : crimes par dizaines, atteinte au moral des troupes, maintenant trafic de drogue... Nous ne donnons pas cher de la peau des sorcières.
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